Se souvenir

Je te souhaite

Cher futur moi,

Je te souhaite d’être follement aimée.
Je te souhaite d’échapper aux statistiques qui nous réduisent à des victimes.
Je te souhaite d’apprendre à dire non, d’oser dire non, de brandir tes refus en étendard.
Je te souhaite de couper le cordon mais de ne jamais partir bien loin.
Je te souhaite de garder avec la famille une relation aussi riche que celle d’aujourd’hui.
Je te souhaite de rencontrer quelqu’un.e avec qui tu ne vivras que des jolies choses.
Je te souhaite de ne perdre de vue aucune amie, aucun copain.
Je te souhaite de trouver ta voie et de t’y plonger à corps perdu.
Je te souhaite de continuer à te découvrir et de ne rien prendre pour acquis.
Je te souhaite de réaliser tes fantasmes et tes rêves.
Je te souhaite de te contenter du possible sans jamais cesser d’exiger l’impossible.
Je te souhaite d’oublier les tourments, de guérir mes blessures et de ne garder que le meilleur.
Je te souhaite de mourir vite et bien.
Je te souhaite de ne plus avoir peur.
Je te souhaite d’apprendre à t’imposer, à dire les choses, à croire en toi.
Je te souhaite d’être entière, même s’il faut que tu le sois en miettes.
Je te souhaite de garder le cap.
Je te souhaite de vivre, vivre, vivre, tant pis si ça fait mal, tant pis pour les erreurs.
Je te souhaite de tordre le cou aux préjugés, de bousculer les bien-pensants.
Je te souhaite de continuer à pardonner mais d’arrêter de te laisser marcher sur les pieds.
Je te souhaite d’avoir envie, de désirer, de vouloir plus, de vouloir encore.
Je te souhaite de t’indigner, de changer les choses, de bouleverser l’ordre établi.
Je te souhaite de faire confiance sans te laisser aveugler par les belles paroles.
Je te souhaite d’être amoureuse, d’être aimante, d’être présente.
Je te souhaite d’être quelqu’un de bien.
Je te souhaite de ne pas tomber, de ne pas t’écorcher, de ne pas te perdre.
Je te souhaite de t’épanouir, de t’accomplir, de te regarder en face et de t’aimer.
Je te souhaite d’être heureuse, d’être joyeuse, d’être toi.
Je te souhaite de franchir les obstacles  qu’on mettra sur ta route et de rire au nez et à la barbe du malheur.
Je te souhaite d’être impertinente, légère, désinvolte.
Je te souhaite d’être polie, prévenante, gentille.
Je te souhaite de ne pas renoncer, de ne pas te soumettre, de tenir bon coûte que coûte.
Je te souhaite d’arrêter avec les messages subliminaux, les sous-entendus et les faux espoirs.
Je te souhaite de ne pas céder aux pressions sociales, biologiques, intérieures, familiales, amicales, amoureuses, professionnelles et à toutes les autres, aussi invisibles que violentes.
Je te souhaite de faire les bons choix, de ne pas perdre le temps – qui ne se rattrape pas.
Je te souhaite de résister et d’être indépendante.
Je te souhaite de profiter de tout ce que la vie t’offre.
Je te souhaite d’être bienveillante et de faire le moins de mal possible aux gens qui t’entourent.
Je te souhaite de lire, d’écrire, de regarder, d’écouter, de trembler, de jouir.
Je te souhaite d’être indulgente et compréhensive mais de condamner sans hésiter.
Je te souhaite d’être bien entourée, bien aimée, bien heureuse.
Je te souhaite de ne pas prendre trop de risques – ou alors calculés, ou alors peu dangereux -.
Je te souhaite de penser à toi avant les autres, d’avoir à cœur ton bien être et, s’il le faut, d’être égoïste.
Je te souhaite de grandir, même si ce n’est pas facile.
Je te souhaite de ne rien subir, de ne pas vivre de choses graves et, si jamais elles doivent advenir, de survivre.
Je te souhaite de ne pas jeter la première pierre ni aucune autre.
Je te souhaite d’être riche de tout ce qui rend la vie plus belle.
Je te souhaite d’avoir une santé de fer et de vieillir en forme.
Je te souhaite d’être fière et forte.
Je te souhaite d’être apaisée.
Je te souhaite d’être moi en mieux.
Je te souhaite tout le bonheur du monde.

Je te souhaite des voyages à couper le souffle, de l’amour à n’en plus finir et de la tendresse.
Je te souhaite des amitiés vivantes, des rencontres solaires et de l’enfance à tous les coins de rue.
Je te souhaite mille et une découvertes et autant de bons moments.
Je te souhaite de la sérénité. Du courage. Du plaisir.

Je te souhaite toutes ces choses dès la prochaine minute et pour tout le temps qu’il te reste à vivre.

Prends soin de toi, je t’aime déjà.

Ton présent moi.

Au jour le jour·Réflexions

La menace

Dans la rue et les transports en commun, il ne m’est jamais rien arrivé.
Je rectifie.
Il ne m’est jamais rien arrivé de grave. Pas de vol, de viol, de violence.

Il y a bien eu ces mecs en scooters qui, parce qu’on avait daigné leur parler, n’ont pas voulu nous lâcher (j’ai dû appeler ma mère pour qu’elle vienne nous chercher en voiture).
Il y a eu cet adulte qui a demandé aux pré-ados que nous étions quand est-ce qu’on ferait l’amour ensemble.
Il y a eu ce jeune qui a insisté pour que je lui donne mon numéro de téléphone (je n’ai pas osé refuser, je n’ai jamais décroché).
Il y a eu ce type en face de moi dans le métro qui m’a fixé pendant tout le trajet et m’a suivie quand j’ai changé de métro (j’ai eu tellement peur que j’ai abordé une femme avec son fils en lui demandant si je pouvais rester avec elle car j’étais suivie – elle a accepté).
Il y a eu ce gars que j’ai voulu éviter en changeant de wagon et qui a changé de wagon aussi pour venir avec moi.
Il y a eu cet homme qui a voulu me convaincre de le suivre pour coucher avec lui et qui m’a touché l’avant-bras.
Il y en a eu un autre, assis en face de moi, qui resserrait petit à petit ses jambes autour des miennes (je n’ai pas su si c’était fait exprès mais j’étais en panique).
Il y a eu ces pick-pickpockets pas très doués qui ont tenté de m’arracher mon lecteur mp3.
Il y a eu celui qui a voulu que je change de place, et j’ai hésité mais il avait tellement l’air prêt à me frapper que je me suis dit que c’était judicieux – il m’a ensuite insultée, avant d’insulter le monde entier -.

Il y a aussi les gens qui se bousculent, se prennent la tête, s’insultent, en viennent parfois aux mains. Il y a les regards, les provocations, les vulgarités lancées à la cantonade. C’est un peu la loi de la jungle, couplée à celle du silence. Et tout ce que j’entends, tout ce que je vois – même si je ne suis pas la première concernée m’affecte -. Je ressors de là lessivée.

(Je ne parle pas de la promiscuité, de ces corps qui se touchent malgré eux et de ces gens qui s’étalent. Tout ça me crispe terriblement et c’est une épreuve en plus mais elle n’a rien à voir avec les agressions – orales ou physiques – potentielles.)

Non, rien de grave, vraiment. Juste du stress. Beaucoup de stress. Cette angoisse qui te tient le ventre jusqu’à ce que tu arrives saine et sauve chez toi. Et que tu te dis que tu l’as échappé belle.

Je ne suis pas parano – je crois. Je continue de vivre ma vie et de rentrer tard (j’avoue ne pas mettre de jupe pour éviter les remarques et les agressions – même si ça n’empêchera rien du tout, je sais -, j’ai honte de faire ça, je leur donne raison, mais je fais ce que je peux pour me sentir un minimum en sécurité). Je ne renonce pas à une sortie ou une soirée par peur.

Mais je suis sur le qui-vive. En permanence (ou presque). Je ne suis jamais complètement détendue. Comme si le danger était tout autour, invisible mais bien là.

Je connais les statistiques, je connais les histoires des copines, je connais ce qui peut arriver. La menace est réelle. Ca ne signifie pas qu’il m’arrivera quelque chose. Ca signifie seulement que je prends des risques tous les jours. Ca demande du courage. Honnêtement, c’est éprouvant. C’est épuisant.

J’ai des copines qui n’ont pas peur du tout. D’autres qui sont terrorisées. Nous faisons face comme nous pouvons.

Personnellement, je ne me sens pas en sécurité. Je crois même pouvoir affirmer que je ne suis pas en sécurité. Et ça, c’est grave.

Réflexions

D’où je viens

Petite anecdote d’il y a quelques mois : je montre des photos à une copine, et on tombe sur une photo de mes parents. « Ta mère est asiatique ?! ». Surprise de ma copine. Surprise aussi de mon côté. Ben oui, ma mère est asiatique…

Je ne dis pas aux gens que ma mère est asiatique. Tout comme je ne leur dis pas que mon père est français.
Si on me demande quelles sont mes origines (ça arrive), je réponds. Dans le cas contraire, je ne précise pas. Ou alors quand le contexte l’impose (si je raconte que je fête demain le nouvel an vietnamien, ça peut être pertinent – et encore).

Contrairement à quasiment toute ma famille (mon frère, mes cousins, mes cousines et même mes petits cousins et cousines), il n’est pas marqué sur mon visage que je suis métisse. Je suis « moitié / moitié » mais il y a clairement une moitié qui prend toute la place. Je ne subis donc aucun racisme lié à mon apparence et à ma couleur de peau.

Culturellement, je ne suis pas du tout « moitié / moitié ». Ma culture est plutôt française / occidentale. Ma mère est née en France et y a été élevée (mon père aussi). Quelques aspects de la culture vietnamienne / asiatique font tout de même partie de ma vie, à des degrés divers.

Je ne vais pas mentir, c’est pratique d’avoir l’air blanche. J’évite ainsi toutes les discriminations liées à mes origines. J’évite également les remarques (méchantes ou maladroites), les préjugés, les raccourcis. On ne m’attaque pas personnellement.

Je ne vais pas mentir, c’est frustrant d’avoir l’air blanche. Comme si, parce qu’on ne la voit pas au premier coup d’oeil, une partie de mon identité m’était refusée.

Je voudrais revendiquer d’où je viens. Je ne m’en sens pas du tout légitime.

En attendant – de faire mieux, de faire plus -, je n’oublierai pas d’où je viens.

Au jour le jour

2017, me voilà !

J’ai fait mon bilan positif 2016 sur twitter. Pour le négatif, je passe mon tour. Pas la peine de s’en souvenir, si ?

Et plutôt que de ressasser le passé, la vraie question, c’est : qu’est-ce que je veux faire / réaliser en 2017 ?

Petite liste non exhaustive d’objectifs et d’envies à remplir, si possible, en 2017 :

  • changer de travail,
  • récupérer l’argent qui me revient,
  • ne plus me laisser faire,
  • aller à la piscine régulièrement (en plus de continuer le krav),
  • écrire un truc (nouvelle, livre, essai ?) pour l’anniversaire de mon papa,
  • mettre à jour régulièrement mon blog et essayer de le rendre intéressant,
  • écrire une nouvelle ou un roman entièrement,
  • tenir mon budget et mes comptes,
  • rencontrer quelqu’un.e pour vivre une chouette histoire d’amour,
  • prendre des vacances et voyager loin,
  • aller dormir dans une cabane dans les arbres,
  • moins attendre (voire même ne plus attendre !)
  • être un peu plus sociable,
  • continuer mon apprentissage du féminisme,
  • économiser plus,
  • être un peu plus sociable,
  • être moins stressée,
  • faire une formation budget / paie ou un truc du genre pour avoir quelques bases,
  • prendre confiance en moi,
  • dormir,
  • continuer de lire des livres en anglais,
  • cuisiner,
  • penser à mettre de la crème,
  • ranger / organiser,
  • et surtout être heureuse !

Et si je ne fais rien de tout ça ? Eh ben ce n’est pas grave !!! (bon, à part pour le dernier point, certes) En 2017, j’aimerais surtout ne pas me mettre de pression. La société, les gens le font bien assez, pas la peine que j’en rajoute.

Quoiqu’il en soit, je me souhaite du temps pour moi, du temps pour les autres, de l’indulgence, des sourires qui ne s’éteignent pas, de l’amour à en perdre la tête, des câlins, des mots doux, du soutien, de l’amitié, des moments en famille, des rires, des mondes à découvrir, des lectures poignantes, de jolis films, du courage, du changement, de la tendresse, de l’amour aussi, des goûters, de l’enthousiasme, de l’honnêteté, des petits et des grands plaisirs, des terres inconnues, des voyages, du soleil jusqu’au fond du coeur, des histoires à dormir debout, de l’écriture, de la persévérance, de me donner les moyens de faire ce qui me semble bon, de croire en moi, de croire en l’avenir, de garder le cap, de profiter de l’instant présent, d’aimer, d’être aimée, de ressentir, de ne pas trop me perdre en chemin mais d’accepter les détours, de prendre la vie et les gens comme ils viennent sans essayer de les modeler à mon image, de m’imposer, de ne pas trop souffrir, de ne pas ressasser le passé, de continuer à espérer malgré tout, de construire autre chose, de prendre soin de moi, d’être une bonne personne, de me rester fidèle, d’assouvir mes désirs, d’oser, de tenir bon, des surprises, de l’émotion, d’avancer sans trop trébucher, de guérir complètement, des rencontres enrichissantes, de fabriquer des souvenirs qui dureront longtemps, d’arrêter d’avoir peur, d’être fière de moi, de partager et d’échanger, d’apprivoiser le silence, d’apprécier la solitude, de ne pas tout prendre contre moi, de prendre du recul, d’être cool, d’être vraie, de sortir de ma zone de confort, de me laisser découvrir par de belles personnes, d’apporter et / ou de demander de l’aide au besoin, d’être attentive aux gens que j’aime, de faire de mon mieux, de vivre.

Je me souhaite évidemment toutes les jolies choses auxquelles je ne pense pas là tout de suite mais qui ne manqueront pas d’arriver.

Je me souhaite tout ce qui peut rendre la vie plus belle.

Je me souhaite le meilleur.

Allez hop, c’est parti !

Hématomes·Se souvenir

Derniers mots sur toi et moi

C’est une histoire ancienne et pourtant c’est dans ma tête
J’ai beau lui dire Va-t-en, elle reste là
C’est un vieux souvenir, un craquement d’allumette
J’ai beau lui dire Fous le camp, il bouge pas

Fin 2016, un an après avoir décidé que le garçon ne ferait plus partie de ma vie, où en suis-je ?

J’ai traîné cette histoire de longs mois, avec de longues périodes de silence, beaucoup d’attente, en changeant mille fois d’avis, en ressentant tout et son contraire. Je me suis abîmée, je me suis usée, j’ai vu mes espoirs réduits en cendres et j’ai été forcée d’abandonner quelques rêves, j’ai voulu être indulgente et compréhensive et je me suis heurtée plusieurs fois à un mur, j’ai imaginé de grands moments que je n’ai pas eu la chance de vivre, je me suis pris en pleine tête – et surtout en plein coeur – quelques coups bien sentis, j’ai cru l’impossible possible, j’ai voulu y croire envers et contre tout mais rien n’est arrivé – rien de beau en tout cas -. Epuisée, vidée, face aux fausses promesses et à l’absence, j’ai été obligée de capituler. J’ai renoncé.

Désormais, il n’y a plus que le silence. Et mes souvenirs.

Je ne suis plus triste – j’ai trop pleuré avant – et je n’attends plus – enfin -.

En revanche, je ressens encore de l’incompréhension – je ne comprendrai jamais -, de la colère – par intermittence – et de la déception, une énorme déception – je n’ai jamais autant été déçue par quelqu’un -.

En règle générale, je n’aime pas trop critiquer les gens que j’ai fréquentés et qui m’ont plu. Je les ai aimés pour plein de choses et même si l’histoire s’arrête, même si l’amour disparaît, ces raisons continuent d’exister. J’ai aimé de belles personnes, elles restent de belles personnes, quoiqu’il arrive.

Lui, c’est différent. J’oublie peu à peu pourquoi je l’ai aimé. Je ne retiens que toutes ces petites déceptions, accumulées au fur et à mesure. J’ai aimé quelqu’un sur lequel je ne pouvais pas compter, qui n’était pas fiable, qui n’a jamais pris en compte ce que je pouvais ressentir, qui m’écoutait attentivement certes mais qui ne m’entendait pas – ou en tout cas ne retenait pas -, qui a toujours cru que sa vie et ses douleurs passaient avant les miennes, qui a pris tout ce qu’il pouvait sans jamais donner – ou si peu -, qui a profité.
Je ne pense pas qu’il ait calculé ou manipulé (même si je n’en sais rien). Mais le fait est que j’ai aimé un égoïste qui m’a fait croire qu’il ne l’était pas – avec son regard, avec ses jolis mots, avec son amour ? -. Aujourd’hui, débarrassée de ma passion initiale, je m’en rends compte. Mais j’ai découvert tout ça petit à petit, les petites lâchetés, les excuses, les mêmes comportements reproduits à l’identique malgré toutes les discussions et mises au point, le silence comme grande défense – communication de haut niveau -, les cachotteries, la place dans sa vie jamais offerte, etc etc. Je pourrais continuer à l’infini.

Je ne lui en veux pas de ses tergiversions, de n’avoir pas su ce qu’il voulait ou ne voulait pas, d’avoir changé d’avis et de sentiments au fil du temps. Tout ça, je comprends. Mais je lui en veux pour tout le reste.

2016 se termine et j’ai survécu à cette histoire, je me suis délestée de l’attente et du poids de l’amour (du souvenir de cet amour et de l’idée de ce que nous aurions pu être).

(Mais pour être honnête, sans réellement attendre, j’ai beaucoup pensé à lui en ces fêtes de fin d’année, me demandant s’il allait m’écrire, sachant pertinemment que je serais en colère s’il le faisait… et que je serais déçue s’il ne le faisait pas. Jusqu’ici, il ne l’a pas fait et j’espère qu’il ne le fera pas. Je préfère la déception à la colère.)

Maintenant, je voudrais juste arrêter de penser à lui. Après avoir libéré mon coeur, libérer mon esprit.

2017 se fera sans toi. Sans toi dans ma vie mais aussi sans toi dans ma tête. Je suis fatiguée.

Blog·Se souvenir

Tout l’amour que l’on se donne

On devrait toujours se contenter de l’amour que l’on a.

Une petite fille qui me dit « Tu as dormi dans la chambre à côté de moi pour ne pas que j’aie peur… Et je n’ai pas eu peur ! ».

S., noyé sous le travail, qui parvient tout de même à prendre une demi-journée pour la passer avec moi, parce qu’attendre une semaine de plus pour me revoir, c’est vraiment trop long.

Mon père qui accepte de venir me chercher à la gare en voiture (alors qu’il n’aime pas du tout conduire et que je pourrais prendre le métro).

Ce couple d’amis qui me fait marraine de leur fils.

Les copines qui prennent (et donnent) des nouvelles régulièrement, qui sont toujours partantes pour un goûter.

Ma mère qui n’a aucun doute sur ma réussite.

Mon ex qui a voulu que l’on reste amis – et ça a marché -.

W. qui voudrait me voir plus, et mieux.

Les enfants qui veulent tout te montrer, chaque jouet et chaque livre, et qui finissent tous un jour ou l’autre par bien prononcer mon prénom.

Ma famille, mes amis, ceux qui sont là envers et contre tout, à marée haute comme à marée basse.

Ce sont des preuves d’amour qui ne mentent pas. J’aime les mots passionnément et les mots doux me bouleversent. Mais les mots ne valent pas grand chose face aux gestes que je reçois tous les jours.

Ca dégouline d’amour partout où je regarde, ça sent bon les sourires et le bonheur.

Il faudrait que je n’oublie jamais de profiter de ce qui existe, au lieu d’imaginer ce qui pourrait être.

Au jour le jour·Blog

Reprendre la main

Ces dernières années, j’ai beaucoup trop parlé du garçon (et beaucoup trop pensé à lui). J’ai rempli des pages et des pages sur notre histoire.

Il y a près de deux ans, à cause d’une lectrice indésirable, j’ai cadenassé mes mots, j’ai fermé mes blogs.

Quelques mois plus tard, j’ai découvert twitter pour suivre des féministes et j’en ai profité pour exprimer en plus ou moins 140 caractères mon déboire amoureux, mes faux espoirs, mes attentes toujours vaines. Je n’étais pas ravie de l’image que ce compte renvoyait de moi mais peu importait, j’étais là en tout anonymat, personne ne me connaissait, je pouvais ruminer en paix.

Par moments, l’idée d’écrire plus longuement, plus de choses, et de rouvrir un blog me taraudait. J’ai toujours renoncé, sentant bien que je ne ferais qu’écrire à propos du garçon et je n’avais pas envie de ça, pas envie que tout tourne autour de lui, pas envie d’être cette fille-là.

Aujourd’hui, alors même que je ne suis pas tout à fait passée à autre chose, alors même que plane en arrière-plan (parfois au premier plan) l’ombre du garçon tant aimé – tant perdu -, alors même que la colère m’emporte encore et que la tristesse me cloue au sol – de moins en moins souvent -, j’ai envie de reprendre le pouvoir.

De parler d’autre chose. Des gens que j’aime – et qui, eux, me le rendent bien -, de féminisme, de culture, de la vie qui passe, des privilèges. De poser des mots sur mes pensées et mes sentiments puis sur le reste, ce qui n’est pas très important mais qui existe quand même, ce qui fait du mal et surtout ce qui fait du bien.

Vaste programme en perspective. Alors que probablement je ne serai capable que de ressasser et d’écrire toujours les mêmes bêtises. Mais il faut que je tente. Pour voir, pour oublier aussi peut-être, pour raconter.

Ca y est, c’est reparti ! On verra bien ce que ça donne.